Jeudi soir, sur le trajet Sélestat-Strasbourg, une passagère a froidement déclaré au contrôleur qu’ayant pris le train 5 jours de suite, le train n’avait pas été à l’heure une seule fois de sorte qu’elle avait décidé cette fois-là de ne pas acheter de ticket. Le malheureux agent s’est trouvé dans l’impossibilité de verbaliser car il s’est trouvé pris sous le feu croisé des critiques de TOUS les passagers du compartiment, qui étaient eux en règle mais s’associaient à la revendication de leur co-voyageuse, fort en colère des retards à répétition et surtout de l’absence de prise en compte de ses réclamations par la SNCF.
Il en ressortait que le règlement de la SNCF précise(rait? je n’ai pas vérifié les conditions générales) que l’entreprise s’engage à transporter les voyageurs, l’heure de départ ou d’arrivée n’étant pas contractuellement obligatoire. En d’autres termes, le transport est assorti d’une obligation de résultat tandis que les horaires ne seraient même pas assortis d’une obligation de moyens. En outre, les agents présents dans les trains n’auraient aucune influence sur les décisions prises « en haut », pas plus d’ailleurs que les clients malheureux. En tout cas, je n’ai jamais eu d’écho à mes réclamations ni à celles que j’ai pu adresser à la Région Alsace.
Pourtant le développement de l’efficacité des transports en commun est une condition sine qua non d’un développement économique régional non polluant. Quel crédibilité pour le Français qui arrive à un entretien d’embauche en Allemagne ou en Suisse avec une demi-heure de retard? Ou plus prosaïquement, tous les employeurs ne peuvent se permettre de conserver un salarié dont l’heure d’arrivée est variable même s’il n’y a aucune faute de sa part.
On sait que l’Union européenne est récemment intervenue pour imposer des pénalités financières aux entreprises de chemin de fer pour les retard excédant une demi-heure sur une ligne internationale. A quand une telle mesure en matière de transport régionaux?
Et d’ailleurs, il me vient de ma récente expérience d’un retard de plus de 40 minutes d’hier soir (28 janvier 2010, train Corail de 16h56 à Colmar, devenu 17h40) la remarque que bien que titulaire d’un abonnement de travail circulant sur un trajet régional, le train lui-même venait de l’étranger pour continuer sur Bruxelles. Dans ce cas, bien que mon trajet soit national, puis-je exciper du caractère international de ce retard pour obtenir une compensation? Décidément, il faut que je remette la main sur ce texte communautaire.
On sait également que le TER Alsace est susceptible de s’améliorer. Ainsi, alors qu’il fallait autrefois attendre la confection d’un nouveau badge pendant dix jours en cas de « disparition postale » du coupon papier du mois, il suffit désormais de signaler la perte pour qu’en cinq jours le coupon papier arrive par la Poste (là j’avoue que j’ai été agréablement surprise). Il est aussi désormais possible d’avoir affaire à un guichetier humain à Strasbourg et non plus à des échanges de courriers surréalistes avec un obscur centre situé dans la banlieue parisienne. Enfin, si la saleté incrustée dans les vitres et les rebords de fenêtre est toujours présente et ne disparaîtra qu’avec le wagon lui-même, en revanche, des personnels du sous-traitant en charge du ramassage des ordures passent dans les rames pour vider les poubelles et ramasser les papiers (oui, j’en conviens, certains passagers sont des porcasses finies).
De l’amélioration donc sur certains points. Il ne reste plus qu’à faire en sorte de limiter les retards aux cas de suicide (interdire le suicide n’a jamais été très efficace, de sorte qu’il y a peu de chances d’obtenir un quelconque résultat sur ce point), en remédiant à l’insuffisance en matériel roulant, à son mauvais entretien, au mauvais état de la voie ferrée et au fait qu’il faudrait une 2e voie sur le trajet Strasbourg-Bâle.

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