On sait que la loi n°2012-410 du 27 mars 2012 relative à la protection de l’identité, parue au JO de ce mercredi 28 mars 1 a été sérieusement retoquée par le Conseil constitutionnel 2.
Parmi les articles restants il en est un qui mérite notre attention. L’article 9 de la loi vient en effet ajouter à l’article 323-1 du Code pénal, texte qui réprime l’accès ou le maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, aka le piratage informatique, d’une peine de 2 ans de prison et de 30.000 euros d’amende. L’ajout vise à aggraver les peines lorsque l’intrusion et/ou l’altération des données « ont été commises à l’encontre d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat« . Dans ce cas, la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 € d’amende.
Plus concrètement, les récents fuites de données dues, semble-t-il, au défaut de sécurisation du site intranet d’un groupe parlementaire de l’Assemblée Nationale, n’entraînent à notre connaissance aucune sanction à l’encontre des responsables du site (qui semblent pourtant avoir commis un délit 3 ).
En revanche, les pirates sont plus sévèrement punis.
Je conçois qu’il faille réprimer l’atteinte aux biens publics réalisés avec nos impôts, sites internet compris. Cependant, en terme d’efficacité, ne faudrait-il pas aussi appliquer les lois qui existent et sanctionner les manquements aux règles de la sécurité informatique de certains administrateurs de site internet, a fortiori lorsqu’elles ont pour conséquence la diffusion de données personnelles?

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